Quand l'ICOMP fait – mal – du lobbying anti-Google

J’ai reçu la semaine dernière une invitation par email (voir ci-contre – le nom de l’expéditeur a été flouté par moi) pour participer à un déjeuner sur le thème «Comment sont gérées nos données privées sur Internet ? En présence de Pamela Jones Harbour (ancien commissaire de la Federal Trade Commission – l’organisme qui veille sur le droit des consommateurs aux Etats-Unis) et Auke Haagsma (ancien juriste à la Commission européenne)».


Ce déjeuner était organisé par l’ICOMP (Initiative for a Competitive Online Marketplace).









Or, sur Internet, l’ICOMP est souvent présentée comme un organisme de lobbying soutenu par Microsoft  (voir ci-contre un extrait de la fiche Wikipedia consacrée à l’Icomp).






Interrogée par retour de mail, la personne qui m’a envoyé l’invitation ne dément pas et se contente de me faire parvenir un document Word intitulé ICOMP : pour un marché en ligne concurrentiel où l’on peut lire :





J’accepte cependant l’invitation.


Et je me retrouve donc vendredi 2 mars 2012 à 13H autour d’une grande table réunissant, entre autres, des responsables de l’ICOMP, des membres de Burson-Marsteller, l’agence de communication et de relations publiques qui assure le secrétariat de l’ICOMP, les représentants de plusieurs sociétés ou organismes se plaignant des pratiques de Google, deux journalistes et moi-même, venu en tant que blogueur.





Surprise, la présentation faite par Pamela Jones Harbour, associée chez Fulbright & Jaworski LLP, un des plus grands cabinets d’avocat américain (du moins en termes d’effectifs…), ne s’intitule pas  Comment sont gérées nos données privées sur Internet ?, mais Antitrust Issues Raised by Google’s Privacy Policy Changes (ce que l’on peut traduire par Les problèmes de droit de la concurrence posés par les nouvelles règles de confidentialité de Google).
















S’en sont suivies près de deux bonnes heures de discours et de discussion anti-Google, émaillés de quelques approximations et d’oublis.


Par exemple, il nous a été présenté un schéma, réalisé par Lumina, une banque d’investissement américaine spécialisée dans les nouvelles technologies, et montrant tous les acteurs du marché de la publicité en ligne :

DISPLAY LUMAscape

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Le même schéma nous a ensuite été proposé avec, mis en évidence, toutes les sociétés ou outils que Google, selon ICOMP, contrôle sur ce marché : «DoubleClick, Teracent, InviteMedia, Google Analytics, Admob et Admeld».


Mais ICOMP a oublié de mentionner les sociétés que le groupe Microsoft possède ou avec lesquelles il est lié sur ce même marché de la publicité en ligne : Atlas, Yahoo!…


Autres oublis de taille : les dangers que Facebook fait peser sur la vie privée.


Sans parler du fait que Microsoft* est désormais aussi en faute que Google pour les tracking cookies : en France, avant l’installation de ces petits logiciels espion, l’autorisation des internautes doit être recueillie.


Résultat, une impression d’acharnement contre Google que les responsables de l’ICOMP semblent vouloir voir condamner au même sort que Microsoft il y a quelques années : «empêtré dans des procès anti-trust et, du coup, incapable d’innover».


Je ne crois pas être tendre avec Google, comme je ne l’ai pas été, dans le mensuel Capital, avec Microsoft, aux temps de ses démêlés avec l’anti-trust américain.


Le débat sur les pratiques de Google est très important – en particulier depuis que le géant de Moutain View a changé ses règles de confidentialité – mais je considère,  au regard des enjeux, qu’il gagnerait à être un peu plus subtil…




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Comme tous les acteurs de la publicité en ligne, Microsoft installe des tracking cookies : http://privacy.microsoft.com/FR-FR/fullnotice.mspx#display

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