Comment développer ses réseaux sur Internet

Les réseaux sociaux professionnels virtuels, du type Linkedin ou Viadeo, peuvent constituer une aide précieuse dans le cadre d’une recherche d’emploi.

Vous êtres cadre et désirez changer de poste d’ici à la fin de cette année ? Vous êtes mère de famille et souhaitez reprendre une activité salariée au cours des prochains mois ? Les réseaux sociaux numériques peuvent vous aider à atteindre cet objectif.
De quoi s’agit-il exactement ? De sites Internet sur lesquels tout le monde peut s’inscrire et rédiger son « profil », c’est-à-dire un résumé de ses études, de son parcours professionnel et de ses passions. Puis, on se crée un « réseau » en partageant ces informations avec tout son carnet d’adresses électronique, c’est-à-dire toutes les personnes dont on possède les coordonnées mail. De proche en proche, se constitue ainsi une immense chaîne reliant tous les abonnés à un même site. Les statisticiens ont d’ailleurs calculé que si l’ensemble des habitants de la planète appartenait à un seul et même réseau, ils ne seraient séparés, au maximum, que par six « intermédiaires » : par exemple, en théorie, il suffirait à n’importe quel Français de remonter une chaîne de six personnes pour approcher le président des Etats-Unis !
Les premiers réseaux sociaux apparus sur Internet (Copainsdavant en France ; MySpace et Facebook aux Etats-Unis…) servaient surtout à se créer un réseau de copains avec qui l’on parlait du bon vieux temps ou de musique. Mais les derniers-nés de ces sites sont dédiés uniquement au business.
Dans l’Hexagone, deux portails se partagent ce créneau « pro » : Viadeo.com et Linkedin.com. Viadeo, d’origine française, regrouperait au total deux millions d’utilisateurs en Europe ; il est surtout fréquenté par des cadres jeunes, plutôt de niveau intermédiaire. Le Français est une des sept langues utilisées. Linkedin, américain, comporte les profils de plus de 20 millions d’habitants du monde entier, dont quelque six millions d’Européens. Il s’adresse à des cadres relativement plus âgés et donc plus confirmés, et, surtout, maîtrisant l’anglais. C’est en effet, pour l’instant, la seule langue parlée sur ce site (une version française est annoncée pour cet automne).
Les avantages ? Il y en a essentiellement deux. Tout d’abord, ces réseaux numériques permettent d’être plus facilement repéré par les spécialistes des ressources humaines. « Tous les chasseurs de têtes et consultants en recrutement sont sur ces sites et y effectuent des recherches pour y déceler des candidats potentiels », explique Alexandra Le Boursicaud, associée du cabinet Alchimie, conseil en recrutement. Plus généralement, ces sites offrent une visibilité sur Internet, ce qui est désormais indispensable. « Aujourd’hui, un cadre qui revendique une expertise, doit avoir une identité sur le net : 40% des recruteurs déclarent googliser [interroger Google sur] les candidats », prévient Jean-Paul Szelerski, directeur des services Web de l’Apec (Association pour l’Emploi des cadres). Cet organisme a d’ailleurs signé un partenariat original avec Linkedin : une personne qui postule, via le site Internet de l’Apec, à une annonce, voit immédiatement la liste de ses contacts Linkedin, directes ou indirectes, travaillant dans l’entreprise recruteuse. Il peut alors leur demander des informations sur cette société ou son secteur d’activité.
C’est là, précisément, le second atout de ces réseaux : obtenir, très rapidement, des introductions auprès de presque n’importe qui. « Les réseaux numériques permettent d’identifier très facilement les contacts de mes contacts de mes contacts, etc., qui peuvent m’aider, alors que, dans la vraie vie, c’est impossible », détaille Valérie March, directeur marketing de Place des réseaux, un réseau social destiné aux patrons de PME. Bref, comme le résume Manuelle Malot, directeur carrières et prospectives à l’Edhec (Ecole des Hautes Etudes Commerciales du Nord), une école de commerce : « ça permet d’aller plus vite que les dîners en ville pour se constituer un excellent carnet d’adresses. »
Pour autant, ces outils ne constituent pas une solution miracle pour trouver un travail en quelques semaines. Cela ne peut être qu’un complément par rapport aux actions « classiques » (candidatures spontanées, lectures des petites annonces…). Il faut aussi avoir conscience que ces réseaux sont chronophages et ne deviennent efficaces que sur le moyen ou le long terme. Entre la création de son profil, l’apprentissage d’une bonne maîtrise de la technologie et l’envoi des invitations, la constitution du réseau, proprement dit, prend déjà plusieurs semaines. Suit alors une phase où l’on est souvent sollicité par des « contacts » de « contacts ». Il faut alors accepter de rendre service, pour pouvoir demander soi-même, plus tard, une faveur… « Ces réseaux reposent sur un principe d’échange et de partage, rappelle Alexandra Le Boursicaud. Il faut donner un peu de son temps avant de recevoir des autres. »
Il existe cependant deux astuces pour accélérer le processus. Premièrement, remplir avec soin son profil, en pensant à y inclure tous les mots-clés susceptibles d’être utilisés lors d’une recherche sur Internet. Ainsi, un spécialiste du Web marketing, parlera également de e-marketing, de marketing en ligne et marketing on line. Second conseil : s’inscrire à des « hubs », ces sous-réseaux qui regroupent les anciens élèves d’une école ou d’une université, les ex-collaborateurs d’une entreprise, les spécialistes d’une fonction (la finance), les experts d’un secteur (la logistique) ou les utilisateurs d’un outil informatique (logiciel SAP…). « Ces hubs permettent à quelqu’un qui veut changer de secteur ou de fonction de se faire très rapidement une idée de la réalité de son futur métier », affirme Valérie March.
Enfin, il faut garder à l’esprit que les mêmes règles de prudence et de politesse s’appliquent aussi bien dans le virtuel que dans le réel : choisir une photo d’identité de très bonne qualité, ne pas mélanger ses relations amicales, professionnelles, religieuses ou politiques, ne pas trop en dire sur soi si l’on travaille dans un secteur sensible (défense, armement, recherche…). Et ne pas oublier de remercier, par un petit mail, toutes les personnes qui vous aident.
Jacques Henno
(article paru dans l’hebdomadaire Famille Chrétienne le 5 juillet 2008)

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