Archives de catégorie : Google

Deux livres à lire ou à relire pour comprendre le programme d'espionnage américain révélé par The Guardian et The Washington Post

The Guardian et The Washington Post viennent de révéler que la NSA (National Security Agency), l’agence américaine chargée des écoutes électroniques avait directement accès aux serveurs d’Apple, Facebook, Google, Microsoft, Skype et autre Yahoo! pour espionner des citoyens du monde entier. C’est-à-dire n’importe lequel d’entre nous !
Officiellement, ces écoutes visent à lutter contre le terrorisme, mais les données collectées pourraient tout aussi bien être utilisées pour l’espionnage économique ou la surveillance politique.
Les grandes oreilles de l’Oncle Sam ont accès à l’historique de nos recherches sur Google, aux courriers électroniques que nous échangeons sur Yahoo!, aux vidéos que nous publions sur YouTube ou aux photos que nous archivons sur Picasa dans le cadre d’un programme de surveillance appelé Prism, qui est le descendant du programme TIA (Total Information Awareness : Surveillance Totale) que je décris dans mon livre Tous Fichés : l’incroyable projet américain pour déjouer les attentats terroristes (Editions Télémaque novembre 2005).
Ce programme de «Surveillance totale», initié après les attentats du 11 septembre 2001, visait à constituer des fiches sur chaque habitant de la planète pour  détecter, dans nos agissements, les signes annonçant la préparation d’attentats terroristes.
Une des retombées de ce programme de recherche fut la réquisition par les autorités américaines des données des passagers : depuis novembre 2001, toutes les compagnies aériennes qui desservent ou qui survolent les Etats-Unis doivent communiquer toutes les informations qu’elles possèdent sur les passagers de chacun de leurs vols (nom, adresse, email, numéro de carte bancaire, passagers voyageant avec eux, préférences alimentaires…).
Puis les autorités américaines ont étendu ces réquisitions aux données des grands acteurs américains de l’Internet. Dans mon livre Silicon Valley / Prédateurs vallée ? Comment Apple, Facebook, Google et les autres s’emparent de nos données (Editions Télémaque novembre 2011), je raconte que ces entreprises savent… tout de nous !
Près d’un milliard de Terriens utilisent les services de Google ou de Facebook. A travers les mots clés que nous tapons lors de nos recherches, Google sait quelles maladies nous avons (il est capable de prédire les épidémies de grippe avec trois jours d’avance sur les observatoires officiels de la grippe qui existent dans les pays développés), pour qui nous votons, nos croyances, nos préférences alimentaires, etc.

Deux livres à lire ou à relire pour comprendre le programme d’espionnage américain révélé par The Guardian et The Washington Post

The Guardian et The Washington Post viennent de révéler que la NSA (National Security Agency), l’agence américaine chargée des écoutes électroniques avait directement accès aux serveurs d’Apple, Facebook, Google, Microsoft, Skype et autre Yahoo! pour espionner des citoyens du monde entier. C’est-à-dire n’importe lequel d’entre nous !
Officiellement, ces écoutes visent à lutter contre le terrorisme, mais les données collectées pourraient tout aussi bien être utilisées pour l’espionnage économique ou la surveillance politique.
Les grandes oreilles de l’Oncle Sam ont accès à l’historique de nos recherches sur Google, aux courriers électroniques que nous échangeons sur Yahoo!, aux vidéos que nous publions sur YouTube ou aux photos que nous archivons sur Picasa dans le cadre d’un programme de surveillance appelé Prism, qui est le descendant du programme TIA (Total Information Awareness : Surveillance Totale) que je décris dans mon livre Tous Fichés : l’incroyable projet américain pour déjouer les attentats terroristes (Editions Télémaque novembre 2005).
Ce programme de «Surveillance totale», initié après les attentats du 11 septembre 2001, visait à constituer des fiches sur chaque habitant de la planète pour  détecter, dans nos agissements, les signes annonçant la préparation d’attentats terroristes.
Une des retombées de ce programme de recherche fut la réquisition par les autorités américaines des données des passagers : depuis novembre 2001, toutes les compagnies aériennes qui desservent ou qui survolent les Etats-Unis doivent communiquer toutes les informations qu’elles possèdent sur les passagers de chacun de leurs vols (nom, adresse, email, numéro de carte bancaire, passagers voyageant avec eux, préférences alimentaires…).
Puis les autorités américaines ont étendu ces réquisitions aux données des grands acteurs américains de l’Internet. Dans mon livre Silicon Valley / Prédateurs vallée ? Comment Apple, Facebook, Google et les autres s’emparent de nos données (Editions Télémaque novembre 2011), je raconte que ces entreprises savent… tout de nous !
Près d’un milliard de Terriens utilisent les services de Google ou de Facebook. A travers les mots clés que nous tapons lors de nos recherches, Google sait quelles maladies nous avons (il est capable de prédire les épidémies de grippe avec trois jours d’avance sur les observatoires officiels de la grippe qui existent dans les pays développés), pour qui nous votons, nos croyances, nos préférences alimentaires, etc.

Quand l'ICOMP fait – mal – du lobbying anti-Google

J’ai reçu la semaine dernière une invitation par email (voir ci-contre – le nom de l’expéditeur a été flouté par moi) pour participer à un déjeuner sur le thème «Comment sont gérées nos données privées sur Internet ? En présence de Pamela Jones Harbour (ancien commissaire de la Federal Trade Commission – l’organisme qui veille sur le droit des consommateurs aux Etats-Unis) et Auke Haagsma (ancien juriste à la Commission européenne)».


Ce déjeuner était organisé par l’ICOMP (Initiative for a Competitive Online Marketplace).









Or, sur Internet, l’ICOMP est souvent présentée comme un organisme de lobbying soutenu par Microsoft  (voir ci-contre un extrait de la fiche Wikipedia consacrée à l’Icomp).






Interrogée par retour de mail, la personne qui m’a envoyé l’invitation ne dément pas et se contente de me faire parvenir un document Word intitulé ICOMP : pour un marché en ligne concurrentiel où l’on peut lire :





J’accepte cependant l’invitation.


Et je me retrouve donc vendredi 2 mars 2012 à 13H autour d’une grande table réunissant, entre autres, des responsables de l’ICOMP, des membres de Burson-Marsteller, l’agence de communication et de relations publiques qui assure le secrétariat de l’ICOMP, les représentants de plusieurs sociétés ou organismes se plaignant des pratiques de Google, deux journalistes et moi-même, venu en tant que blogueur.





Surprise, la présentation faite par Pamela Jones Harbour, associée chez Fulbright & Jaworski LLP, un des plus grands cabinets d’avocat américain (du moins en termes d’effectifs…), ne s’intitule pas  Comment sont gérées nos données privées sur Internet ?, mais Antitrust Issues Raised by Google’s Privacy Policy Changes (ce que l’on peut traduire par Les problèmes de droit de la concurrence posés par les nouvelles règles de confidentialité de Google).
















S’en sont suivies près de deux bonnes heures de discours et de discussion anti-Google, émaillés de quelques approximations et d’oublis.


Par exemple, il nous a été présenté un schéma, réalisé par Lumina, une banque d’investissement américaine spécialisée dans les nouvelles technologies, et montrant tous les acteurs du marché de la publicité en ligne :

DISPLAY LUMAscape

View more presentations from Terence Kawaja


Le même schéma nous a ensuite été proposé avec, mis en évidence, toutes les sociétés ou outils que Google, selon ICOMP, contrôle sur ce marché : «DoubleClick, Teracent, InviteMedia, Google Analytics, Admob et Admeld».


Mais ICOMP a oublié de mentionner les sociétés que le groupe Microsoft possède ou avec lesquelles il est lié sur ce même marché de la publicité en ligne : Atlas, Yahoo!…


Autres oublis de taille : les dangers que Facebook fait peser sur la vie privée.


Sans parler du fait que Microsoft* est désormais aussi en faute que Google pour les tracking cookies : en France, avant l’installation de ces petits logiciels espion, l’autorisation des internautes doit être recueillie.


Résultat, une impression d’acharnement contre Google que les responsables de l’ICOMP semblent vouloir voir condamner au même sort que Microsoft il y a quelques années : «empêtré dans des procès anti-trust et, du coup, incapable d’innover».


Je ne crois pas être tendre avec Google, comme je ne l’ai pas été, dans le mensuel Capital, avec Microsoft, aux temps de ses démêlés avec l’anti-trust américain.


Le débat sur les pratiques de Google est très important – en particulier depuis que le géant de Moutain View a changé ses règles de confidentialité – mais je considère,  au regard des enjeux, qu’il gagnerait à être un peu plus subtil…




____
Comme tous les acteurs de la publicité en ligne, Microsoft installe des tracking cookies : http://privacy.microsoft.com/FR-FR/fullnotice.mspx#display

Quand l’ICOMP fait – mal – du lobbying anti-Google

J’ai reçu la semaine dernière une invitation par email (voir ci-contre – le nom de l’expéditeur a été flouté par moi) pour participer à un déjeuner sur le thème «Comment sont gérées nos données privées sur Internet ? En présence de Pamela Jones Harbour (ancien commissaire de la Federal Trade Commission – l’organisme qui veille sur le droit des consommateurs aux Etats-Unis) et Auke Haagsma (ancien juriste à la Commission européenne)».


Ce déjeuner était organisé par l’ICOMP (Initiative for a Competitive Online Marketplace).









Or, sur Internet, l’ICOMP est souvent présentée comme un organisme de lobbying soutenu par Microsoft  (voir ci-contre un extrait de la fiche Wikipedia consacrée à l’Icomp).






Interrogée par retour de mail, la personne qui m’a envoyé l’invitation ne dément pas et se contente de me faire parvenir un document Word intitulé ICOMP : pour un marché en ligne concurrentiel où l’on peut lire :





J’accepte cependant l’invitation.


Et je me retrouve donc vendredi 2 mars 2012 à 13H autour d’une grande table réunissant, entre autres, des responsables de l’ICOMP, des membres de Burson-Marsteller, l’agence de communication et de relations publiques qui assure le secrétariat de l’ICOMP, les représentants de plusieurs sociétés ou organismes se plaignant des pratiques de Google, deux journalistes et moi-même, venu en tant que blogueur.





Surprise, la présentation faite par Pamela Jones Harbour, associée chez Fulbright & Jaworski LLP, un des plus grands cabinets d’avocat américain (du moins en termes d’effectifs…), ne s’intitule pas  Comment sont gérées nos données privées sur Internet ?, mais Antitrust Issues Raised by Google’s Privacy Policy Changes (ce que l’on peut traduire par Les problèmes de droit de la concurrence posés par les nouvelles règles de confidentialité de Google).
















S’en sont suivies près de deux bonnes heures de discours et de discussion anti-Google, émaillés de quelques approximations et d’oublis.


Par exemple, il nous a été présenté un schéma, réalisé par Lumina, une banque d’investissement américaine spécialisée dans les nouvelles technologies, et montrant tous les acteurs du marché de la publicité en ligne :

DISPLAY LUMAscape

View more presentations from Terence Kawaja


Le même schéma nous a ensuite été proposé avec, mis en évidence, toutes les sociétés ou outils que Google, selon ICOMP, contrôle sur ce marché : «DoubleClick, Teracent, InviteMedia, Google Analytics, Admob et Admeld».


Mais ICOMP a oublié de mentionner les sociétés que le groupe Microsoft possède ou avec lesquelles il est lié sur ce même marché de la publicité en ligne : Atlas, Yahoo!…


Autres oublis de taille : les dangers que Facebook fait peser sur la vie privée.


Sans parler du fait que Microsoft* est désormais aussi en faute que Google pour les tracking cookies : en France, avant l’installation de ces petits logiciels espion, l’autorisation des internautes doit être recueillie.


Résultat, une impression d’acharnement contre Google que les responsables de l’ICOMP semblent vouloir voir condamner au même sort que Microsoft il y a quelques années : «empêtré dans des procès anti-trust et, du coup, incapable d’innover».


Je ne crois pas être tendre avec Google, comme je ne l’ai pas été, dans le mensuel Capital, avec Microsoft, aux temps de ses démêlés avec l’anti-trust américain.


Le débat sur les pratiques de Google est très important – en particulier depuis que le géant de Moutain View a changé ses règles de confidentialité – mais je considère,  au regard des enjeux, qu’il gagnerait à être un peu plus subtil…




____
Comme tous les acteurs de la publicité en ligne, Microsoft installe des tracking cookies : http://privacy.microsoft.com/FR-FR/fullnotice.mspx#display

Google a-t-il voulu censurer la publicité pour mon livre "Silicon Valley / Prédateurs Vallée" ?

Les services commerciaux de Google m’ont proposé la semaine dernière un bon de 100 euros pour essayer à nouveau leur service d’annonce (voir facsimilé ci-dessous).





J’ai trouvé amusant de profiter de leur offre pour faire de la publicité pour mon livre « Silicon Valley / Prédateurs Vallée ? Comment Apple, Facebook, Google et les autres s’emparent de nos données ».
































J’ai donc créé trois petites publicités :




• « Vie privée sur le Web – Découvrez comment Apple s’empare de vos données »


• « Vie privée sur le Web – Découvrez comment Facebook s’empare de vos données »


• « Vie privée sur le Web – Découvrez comment Google s’empare de vos données »


















.












Ces trois cartouches sont associés à des mots-clés comme « vie privée », « données personnelles », etc. : ils apparaissent au dessus des résultats proposés par Google aux internautes qui mènent des recherches sur ces mots.































Lorsqu’un internaute clique sur une de mes publicités, il est redirigé vers la page consacrée à mon ouvrage sur Fnac.com, où il peut alors acheter mon livre












Bizarrement, l’annonce intitulée « Vie privée sur le Web – Découvrez comment Google s’empare de vos données » a été refusée par… Google !


J’ai demandé pourquoi aux équipes de Google AdWords :










L’équipe AdWords de Google m’a répondu que cette annonce avait été rejetée à cause de l’utilisation de la marque Google.























J’ai alors demandé pourquoi les deux autres annonces – qui mentionnaient également des marques (Apple et Facebook, en l’occurrence) – n’avaient pas été rejetées.

































Voici leur réponse (voir ci-contre). 


Conclusion : pas de censure sur Google AdWords, mais certaines marques sont mieux protégées que d’autres !

Google a-t-il voulu censurer la publicité pour mon livre « Silicon Valley / Prédateurs Vallée » ?

Les services commerciaux de Google m’ont proposé la semaine dernière un bon de 100 euros pour essayer à nouveau leur service d’annonce (voir facsimilé ci-dessous).





J’ai trouvé amusant de profiter de leur offre pour faire de la publicité pour mon livre « Silicon Valley / Prédateurs Vallée ? Comment Apple, Facebook, Google et les autres s’emparent de nos données ».
































J’ai donc créé trois petites publicités :




• « Vie privée sur le Web – Découvrez comment Apple s’empare de vos données »


• « Vie privée sur le Web – Découvrez comment Facebook s’empare de vos données »


• « Vie privée sur le Web – Découvrez comment Google s’empare de vos données »


















.












Ces trois cartouches sont associés à des mots-clés comme « vie privée », « données personnelles », etc. : ils apparaissent au dessus des résultats proposés par Google aux internautes qui mènent des recherches sur ces mots.































Lorsqu’un internaute clique sur une de mes publicités, il est redirigé vers la page consacrée à mon ouvrage sur Fnac.com, où il peut alors acheter mon livre












Bizarrement, l’annonce intitulée « Vie privée sur le Web – Découvrez comment Google s’empare de vos données » a été refusée par… Google !


J’ai demandé pourquoi aux équipes de Google AdWords :










L’équipe AdWords de Google m’a répondu que cette annonce avait été rejetée à cause de l’utilisation de la marque Google.























J’ai alors demandé pourquoi les deux autres annonces – qui mentionnaient également des marques (Apple et Facebook, en l’occurrence) – n’avaient pas été rejetées.

































Voici leur réponse (voir ci-contre). 


Conclusion : pas de censure sur Google AdWords, mais certaines marques sont mieux protégées que d’autres !

Les CNIL européennes rejettent les nouvelles règles de confidentialité de Google

La Commission Européenne vient de rendre publique une lettre que la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) a adressée hier, lundi 27 février 2012, à Larry Page, le P-DG de Google.
Dans cette missive, envoyée au nom du G29*, la présidente de la CNIL, confirmant ce que j’ai écrit sur ce blog ou dans Les Echos, estime que les nouvelles règles de confidentialité proposées par Google et qui doivent entrer en vigueur après-demain, 1er mars 2012, ne remplissent pas les conditions posées par Directive européenne 95/46/CE sur la protection des données personnelle : les informations données aux internautes sont trop vagues et ne permettent pas de savoir ce qui va être fait exactement de leurs données. 
En particulier, il est impossible, «même pour un spécialiste chevronné des problèmes de protection des données», de savoir comment les informations récoltées lors de l’utilisation de tels ou tels services de Google par les internautes vont être regoupées !
Enfin, Isabelle Falque-Pierrotin insiste sur le fait que Google, pour récolter ces informations, utilise des cookies et qu’il lui est ainsi difficile de respecter le principe de consentement prévu à l’article 5(3) de la Directive européenne sur la protection de la vie privée dans le secteur des communications électroniques.
___
*le G29, ou Groupe de travail Article 29 sur la protection des données, est un organe consultatif européen indépendant sur la protection des données et de la vie privée. Son rôle est de conseiller la Commission Européenne, de faire des propositions et de veiller à une application uniforme des directives européennes sur la protection des données ou la vie privée.

Google étend sa mainmise sur nos données

Dans un billet publié hier sur son blog officiel, le moteur de recherche Google a annoncé qu’il se réservait désormais le droit de nous pister à travers tous les sites qu’il gère (YouTube, Gmail, Google +, Google Documents, Google News…), afin de nous proposer des publicités toujours plus ciblées.


A la page 37 de mon livre « Silicon Valley /Prédateurs Vallée ? », je rappelle qu’«un document interne [à Google] estime que toutes les données que [Google] accumule sur nous constituent « la meilleure source d’informations sur les centre d’intérêts des utilisateurs que l’on puisse trouver sur Internet. Aucune autre entreprise ne peut faire aussi bien »*.»

Et, toujours dans mon livre, je demande «combien de temps Larry Page et Sergey Brin [les deux patrons de Google] vont-ils résister à la tentation d’utiliser toutes ces données –  ce que nous faisons sur le moteur de recherche et ce que nous faisons en utilisant les services personnalisés de Google (Gmail, Picasa, Google Documents, Google Maps…) – pour nous envoyer des publicités extrêmement ciblées ?»

La réponse est tombée hier : à partir du 1er mars 2012, Google pourra suivre, au cours de leurs pérégrinations à travers tous les sites (YouTube, Gmail, Google +, Google Documents, Google News…) qu’il gère, les internautes inscrits à un de ces services. Et pourra leur proposer une publicité « ciblée » (personnalisée) en fonction des informations que l’entreprise aura ainsi acquises sur chacun d’entre nous : «We can provide more relevant ads too. For example, it’s January, but maybe you’re not a gym person, so fitness ads aren’t that useful to you». 

Voilà en effet ce que l’on peut lire dans un billet publié sur le blog officiel de Google. Alma Whitten, Director of Privacy, Product and Engineering, y présente les grandes lignes des nouvelles règles de confidentialité, qui entreront en vigueur à partir du 1er mars 2012.

Ces nouvelles règles précisent que Google peut collecter sur nous : 

les données personnelles que nous lui fournissons lorsque nous nous inscrivons à un de ses services. Ces données personelles comprennent  «votre nom, votre adresse e-mail, votre numéro de téléphone ou votre carte de paiement. Pour pouvoir profiter de toutes les fonctionnalités de partage que nous proposons, vous pouvez également être amené(e) à créer un Profil Google public, qui peut comprendre votre nom et votre photo.»

l’utilisation que nous faisons de ses servicespar exemple lorsque vous visitez un site Web qui utilise nos services publicitaires ou lorsque vous visionnez nos annonces et nos contenus et interagissez avec ces éléments.»). Google peut ainsi enregistrer  :

– des données relatives à l’appareil que nous utilisons ex : modèle, version du système d’exploitation, identifiants uniques de l’appareil et données relatives au réseau mobile, y compris votre numéro de téléphone»). 

– des fichiers journaux, c’est-à-dire des données que Google stocke sur ses serveurs lorsque nous utilisons ses services («vos requêtes de recherche», «données relatives aux communications téléphoniques, comme votre numéro de téléphone, celui de l’appelant, les numéros de transfert, l’heure et la date des appels, leur durée, les données de routage des SMS et les types d’appels», «votre adresse IP» – l’adresse IP est un numéro unique qui permet de savoir que c’est votre ordinateur, et non un autre, qui est connecté à Internet

– des données de localisation («comme par exemple des signaux GPS envoyés par un appareil mobile. Nous pouvons également être amenés à utiliser différentes technologies permettant de vous localiser, telles que les données du capteur de votre appareil permettant par exemple d’identifier les points d’accès Wi-Fi et les antennes-relais se trouvant à proximité»)

– des cookies et identifiants anonymes.

Un peu plus loin, on y apprend que «ces donnée permettent [à Google] de vous proposer des contenus adaptés, tels que des annonces et des résultats de recherche plus pertinents

Voici un petit schéma, résumant ce qui nous attend à partir du 1er mars prochain.

Jacques Henno


*Jessica E. Vascellaro, Google Agonizes on Privacy as Ad World Vaults Ahead, Wall Stret Journal, August 10, 2010 http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703309704575413553851854026.html


Comment faire flouter une photo de sa maison sur Google Street View ?

Des lecteurs de mon livre « Silicon Valley / Prédateurs Vallée ?« , inquiets de l’utilisation qui pouvait être faite de la photo de leur domicile,  m’ont demandé comment faire flouter ces clichés.

Pour l’instant, il n’est pas possible de faire flouter les photos satellite que Google publie sur Google Maps ou Google Earth.

En revanche, Google a prévu une procédure permettant à n’importe quel habitant d’une maison ou d’un appartement de faire flouter la façade de son domicile dans Google Street View, le service de Google qui permet de naviguer virtuellement dans les villes et les villages.

• Le plus simple est de se rendre sur Google Maps et d’entrer dans la barre de recherche, en haut de l’écran, l’adresse de son domicile (dans les saisies d’écrans suivantes, pour des raisons légales, l’exemple du Palais de l’Elysée, a été pris – avertissement aux petits plaisantins qui souhaiteraient faire flouter la façade de l’Elysée : seuls les occupants d’un logement peuvent le faire flouter). 
Il faut ensuite faire glisser sur le plan, le petit bonhomme « Google Street View » orange qui apparaît sur l’échelle de zoom, à gauche de la photo ou du plan. Déplacez-vous dans la rue jusqu’à voir apparaître la façade de votre domicile. Cliquez sur le lien « Signaler un problème », en bas à gauche de la photo.

• Une nouvelle page apparaît. Cliquez sur le lien « Problèmes de respect de la vie privée ».

• Cliquez sur le lien « ma maison »


• Cliquez sur le bouton en face de « J’ai trouvé une photo de ma maison et je souhaiterais qu’elle soit floutée ». Dans le cadre  en dessous, précisez que vous occupez ce logement (encore une fois, inutile de vouloir faire une mauvaise plaisanterie en prétendant que vous habitez le Palais de l’Elysée) et que vous souhaitez, pour des raisons personnelles, que la photo en soit floutée. Dans le cartouche en dessous, indiquez votre adresse e-mail. Puis, juste en dessous, ajustez la vue pour la centrer sur votre habitation. Attention, si vous habitez un immeuble collectif, c’est tout le bâtiment qui sera flouté.

Quelques heures plus tard, vous recevrez un message confirmant la prise en compte de votre demande par Google.


Enfin, quelques jours plus tard, vous recevrez un message de Google vous annonçant que l’opération a été effectuée.